Passer au contenu principal

Une pionnière de la médecine régénérative de l’œil

Une pionnière de la médecine régénérative de l’œil

Docteure May Griffith, spécialisée en biologie cellulaire, est chercheure au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont.  

Professeure titulaire au Département d'ophtalmologie de l'Université de Montréal, elle est titulaire de la Chaire Fondation Caroline Durand en thérapie cellulaire des maladies de l’œil de l’Université de Montréal, ainsi que de la Chaire de recherche du Canada sur les biomatériaux et les cellules souches en ophtalmologie.

Une percée scientifique révolutionnaire

Son équipe multinationale interdisciplinaire est reconnue pour avoir réussi la première régénération au monde de la cornée humaine à l'aide d'implants biosynthétiques développés au Canada, résultat issu d’essais cliniques qu’elle a menés en Suède, sur dix patients. Bien que l'équipe ait démontré l'efficacité des implants dans la stimulation des cellules souches pour régénérer la cornée, le principal problème reste l'inaccessibilité du traitement très coûteux.

Après huit années de recherche clinique en Suède, Dre Griffith est recrutée à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, puis à l’Université de Montréal. La chercheure et ses coéquipiers mettent alors sur pied un ambitieux projet qui a pour objectif d’offrir le traitement de régénération de la cornée à des millions de patients devenus aveugles. Un dessein qui a nécessité un changement complet de paradigme et une refonte du concept d'implant. L’équipe est maintenant à la recherche de fonds qui permettront de mener le premier essai clinique à Montréal.

Selon Dre Griffith, la trajectoire scientifique parcourue depuis le début des travaux constitue un espoir nouveau et considérable, vu le nombre impressionnant de patients en attente d’une cornée aux quatre coins du monde. Elle précise qu’au Canada, dans certaines provinces, des personnes doivent patienter deux ou trois ans avant de recevoir un traitement.

Soutenue par les fonds des deux Chaires de recherche, des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et du Fonds de recherche du Québec - Santé (FRQS), l’équipe concentre aussi ses efforts sur le développement de biomatériaux comme implants pour favoriser la régénération d’autres organes.

Faire sa place

Docteure May Griffith a obtenu son doctorat de l'Université de Toronto et a complété une bourse postdoctorale à la Harvard Medical School. Elle a choisi cette voie pour être aux côtés de la professeure et directrice de la Faculté, Dre Elizabeth Hay, qui a été un véritable mentor pour elle. « Cette femme, voyant mon potentiel, avait planifié l’étendue de ma carrière en recherche avant même que je réalise que j'avais les compétences pour m’y rendre ».

Si les femmes sont de plus en plus reconnues dans le domaine, Dre Griffith a vécu une période plus sombre lors de ses études. Elle fait mention de l'intimidation et du harcèlement dont elle a été victime à l’époque. « J'y ai été exposée en tant qu'étudiante et même en tant que professeure titulaire. Maintenant je me sens bien à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, tout comme à l’Université de Montréal, où les femmes et les minorités visibles comme moi reçoivent le soutien nécessaire à la réalisation de soi ».

Bien que la conciliation travail-famille soit possible, la chercheure précise qu’il faut toutefois trouver un partenaire qui comprend les réalités du domaine, par exemple, un horaire de travail chargé. Docteure Griffith, reconnaissante, raconte que son mari emmenait souvent leurs filles avec lui au travail pour que sa femme puisse passer plus de temps dans son laboratoire. Elle avance que « pour que les femmes se lancent et restent dans le milieu, il faut leur accorder encore plus de support, car même si les responsabilités familiales devraient être équitables entre les partenaires, nous savons qu’elles ne le sont souvent pas tout à fait ».

Un écosystème

La plus belle partie de son travail de chercheure, explique-t-elle, consiste à mettre en application des idées et de les transformer en quelque chose de concret. «  Par exemple, hier nous avons testé l’imprimante 3D qu’un collègue a construite. Même si nos idées ne fonctionnent pas toujours, ces moments où l’on obtient des résultats sont définitivement les meilleurs ». Selon la docteure, il est nécessaire que les chercheurs s’intéressent aux travaux de leurs collègues. Elle compare l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à un écosystème qui regorge de talents. Avoir la chance de côtoyer des chercheurs et des cliniciens est pour elle un atout qui peut contribuer à l’avancée de ses travaux.    

Sans nier que le domaine de la recherche soit compétitif, Dre Griffith met davantage en lumière les bénéfices de celui-ci. Elle souligne la plus-value des associations avec d’autres chercheurs, dont ceux reconnus mondialement et la grande visibilité dont les travaux bénéficient.