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Découverte d’une alternative prometteuse à la greffe de cornée

Découverte d’une alternative prometteuse à la greffe de cornée

Une nouvelle approche en ophtalmologie qui offre une alternative à la transplantation cornéenne vient d’être découverte par un consortium international de chercheurs dont font partie May Griffith Ph. D., Dre Isabelle Brunette et Sylvie Lesage Ph. D., chercheuses au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CR-HMR) affilié à l’Université de Montréal et faisant partie du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Les résultats de ce projet multinational viennent d’être publiés dans Communications Biology, un nouveau journal de la prestigieuse revue Nature.

La greffe de cornée, une intervention recherchée et délicate

Mondialement, ce sont près de 13 millions de personnes aveugles en raison d’une maladie cornéenne qui attendent de retrouver la vision grâce à une transplantation. Malheureusement, seulement une personne sur 70 pourra retrouver la vue grâce à cette chirurgie ophtalmique en raison d’une importante pénurie de cornées provenant de donneurs humains. De plus, les taux de réussite des greffes effectuées, qui sont de 85 % à 90 % au cours des deux premières années, chutent drastiquement à 60 % après cinq ans. Chez les patients présentant de l’inflammation ou des dommages sévères à la cornée, le risque de rejet du greffon s’élève à plus de 70 % rendant ainsi les options de traitements pour ces personnes très limitées.

Les trois chercheuses du CR-HMR, qui sont aussi professeures titulaires à l’Université de Montréal (Département d'ophtalmologie pour professeures Griffith et Brunette et Département de microbiologie, infectiologie et immunologie pour la professeure Lesage), unissent leurs efforts afin d’atténuer la pénurie de cornées et les problèmes de rejet immunitaire associés.

« Nous conjuguons nos actions avec des chercheurs et des experts de plusieurs pays afin de permettre aux personnes atteintes de maladies de la cornée de retrouver la vue ainsi qu’une meilleure qualité de vie », renchérissent-elles.

Le potentiel des implants cornéens issus de biomatériaux

Antérieurement, il a été démontré que la régénération cornéenne peut agir comme alternative à la greffe de donneur. En effet, en utilisant des implants composés de biomatériaux, la cornée humaine peut être amenée à s'autorégénérer. Cependant, la survie à long terme de ces implants peut être entravée par une inflammation et conduire ainsi à un échec de l’implant. Dans cette étude, l’équipe de scientifiques et de cliniciens interdisciplinaires a développé des implants cornéens à partir d'analogues de collagène. Ce biomatériau, plus facile à fabriquer, a un grand potentiel d’utilisation clinique.

En effet, le consortium de chercheurs a démontré que les implants cornéens comprenant des analogues de collagène et de la phosphorylcholine (2-méthacryloyloxyéthylphosphorylcholine ou MPC), faciles à produire à faible coût, peuvent supprimer l'inflammation et permettre la régénération tissulaire in situ dans des études précliniques.

La présente découverte est donc une alternative prometteuse pour les patients atteints d’une maladie de la cornée et en attente d’une greffe. C’est ce que la poursuite de l’évaluation clinique de ces implants chez les humains permettra de démontrer prochainement.

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