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COVID-19 : l’hydroxychloroquine annule les effets bénéfiques de l’immunothérapie contre le cancer

COVID-19 : l’hydroxychloroquine annule les effets bénéfiques de l’immunothérapie contre le cancer

L'hydroxychloroquine (HCQ), utilisée chez certains patients pour traiter la COVID-19, peut bloquer ou inverser complètement les effets bénéfiques de l'immunothérapie contre le cancer. C'est ce que révèle une nouvelle étude menée par Dr Christopher E. Rudd et son équipe au Centre de recherche de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CR-HMR), qui fait partie du CIUSSS de l'Est-de-l'Île de Montréal, affilié à l'Université de Montréal. Le projet de recherche a été réalisé en collaboration avec Dr Catalin Milhalcioiu de la Division d'oncologie médicale et du Département de médecine du Centre universitaire de santé McGill. L'étude, publiée dans MedRxiv, a également permis d'identifier des marqueurs dans le système immunitaire de patients humains atteints de COVID-19 et les effets de l'hydroxychloroquine sur eux.

La pandémie de COVID-19 a créé un besoin urgent de trouver des thérapies pour inhiber l'infection et prévenir l'apparition de cette maladie inflammatoire qui a fait des ravages dans le monde entier. Bien que les résultats des essais cliniques aient été mitigés, l'hydroxychloroquine (HCQ), un médicament antipaludique, est toujours utilisée dans certains hôpitaux du monde. N'épargnant personne, la COVID-19 infecte également les patients en oncologie.

Concrètement, la HCQ, utilisée seule ou en combinaison avec l'azithromycine, aux concentrations administrées pour traiter la COVID-19, a inversé les effets bénéfiques de la thérapie anti-PD-1, un médicament immunothérapeutique, contre le mélanome B16. Les chercheurs ont découvert que les tumeurs de mélanome se développaient plus rapidement en présence d'HCQ, affectant un ensemble de cellules immunitaires appelées cellules T CD8+, qui sont responsables de la mort des cellules tumorales.

De plus, en examinant le sang de patients infectés par la COVID-19 et traités avec la HCQ, les chercheurs ont identifié des marqueurs sur les cellules T qui pourraient prédire le début de l'infection par la COVID-19 et du traitement avec la HCQ chez les patients en bonne santé et ceux atteints d'un cancer.

« Notre étude démontre que l'utilisation de la HCQ, selon les doses utilisées pour traiter les patients de la COVID-19, a un fort impact négatif sur la capacité de l'immunothérapie à contrôler la croissance des tumeurs », déclare Christopher Rudd, ancien professeur de l'Université de Cambridge au Royaume-Uni et maintenant professeur titulaire à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal. « Nous appelons donc à une grande prudence dans l'utilisation de ce médicament pour traiter les patients cancéreux sous immunothérapie et infectés par la COVID-19. En même temps, notre étude nous a permis d'identifier de nouveaux marqueurs pour suivre l'apparition et la progression de cette infection dévastatrice chez les patients touchés », conclut le Dr Rudd.

*À noter que l'article a été publié dans MedRxiv, une revue en accès libre qui permet de recueillir les commentaires de la communauté scientifique.

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